Quand j’ai lancé ce blog, j’avais envie d’une récréation, de raconter mes espoirs et mes désespoirs de surfeuse éternellement débutante. Mais demeurait une question : étais-je la seule fille sur cette terre à persévérer alors que rationnellement, si je m’en tiens à mes performances, tous les signaux me disaient (et me disent) de me mettre au… tricot ?

J’ai maintenant ma réponse : je ne suis pas seule et nous sommes même nombreuses !
Alors, Ok, je reste un cas plutôt désespéré, et la plupart d’entre vous a un niveau « débutant » nettement meilleur que le mien… mais je nous ai aussi trouvé quelques points communs.

1. On s’en fout.  Du ridicule, du regard des autres, de notre petit niveau, même si on n’est vraiment pas contre l’idée progresser – bien au contraire !
2. On n’a pas froid. Ni aux yeux, ni en hiver.
3. On aime définitivement l’eau, la mer, l’océan et on voudrait bien que tout le monde en prenne soin.
4. En surfant, on oublie tout. Vous savez le truc de « laisser son cerveau sur la plage »…
5. En surfant, on est heureuse !

Merci à Florence (en photo à la une), Chloé, Béatrice, Céline, Sara, Nadia, Jeanne, Lucinda, Marine, Aurélie, Ludivine, Marianne, Johanna, Isèle, Nadia, Odile, Fred, Alexandre, Julie… pour vos témoignages qui m’ont fait rire (souvent) et m’on ému chaque fois. En voici quelques extraits.

Florence 51 ans / 4 ans de surf / Niveau : intermédiaire

 

Je m’appelle Flo, j’ai 51 ans je suis née et j’habite sur la Côte Bleue dans les Bouches du Rhône au bord de la Méditerranée. Mais ce n’est pas sur mes vagues natales que j’ai fait mes premiers pas de surfeuse.

Mes premiers pieds sur une planche datent d’il y a 3 ou 4 ans, un été sur une plage landaise.

J’ai passé plusieurs années les pieds dans l’eau à filmer et photographier mon fils en train de surfer, une passion que mon époux lui a transmise. Un jour, un ami qui a une école de surf dans Les Landes, me dit “Viens, demain je donne un cours, viens essayer ” !
Mère nature a été généreuse avec moi ce jour-là : petite houlette “glassy”. La révélation ! Tu rames, tu sautes et ça glisse.
Ça, ce fut le premier jour.  Les jours et les mois suivants n’ont pas été si simples. Le surf n’est pas fait que de vagues glassy. On ramasse fort parfois ! Il faut savoir se placer, vaincre sa peur lorsque la petite houlette devient houleuse.

florence 2

Cela fait un an maintenant que je surfe toute l’année, en Méditerranée et sur l’Atlantique.
Désormais, l’envie de glisser l’emporte sur le froid glacial de l’hiver. La régularité de mes sessions dépend de si je trouve la vague accueillante ou pas ! Je ne veux pas lutter contre les éléments, j’y vais au plaisir.
J’ai mis quelques temps à me définir comme surfeuse. Pendant longtemps j’ai demandé à mon mari ou à mon fils ” Tu crois que je peux dire que je suis surfeuse ? “. A quel moment peut-on prétendre à ce titre trop cool tant convoité ?

Juillet 2017, dans les landes, j’ai pris mon premier cours de surf intermédiaire. J’ai une farouche envie de progresser, peut-être aussi pour lutter contre le temps qui passe…

Je vais persévérer car cette sensation du take-off qui te propulse sur la planche est magique et tant pis si une fois debout sur ma board dans ma combi 5/3 je ressemble à une petite otarie hagarde qui cherche son chemin !

Go, go, go, les filles ! On se moque du quand dira-t-on !

 

Chloé 34 ans / 11 ans de surf / Niveau : “surfeuse copine de moniteur”

 

Je m’appelle Chloé, j’ai 34 ans. Allez comprendre pourquoi une Parisienne a toujours rêvé se mettre au surf depuis ses 10 ans… Le mode de vie, les cheveux de surfeuse, l’eau turquoise, la belle combi qui va bien… bon, sauf qu’en vrai, ça ne ressemble pas toujours à ça !

Voici donc mon parcours d’éternelle débutante et j’en suis fière !

  • 2008 : Je monte pour la première fois sur une planche (en dur) en Australie. Là, je constate que les vagues doublent de volume une fois dans l’eau…
  • 2012 : Je prends mon premier cours (sur une planche en mousse parce que la planche en dur, ça fait mal, en fait) au Portugal.
  • 2014 : Je fais un stage de surf en Martinique (et je rencontre mon amoureux).
  • 2015 : Je prends des cours à Lacanau et je me fais pousser dans les vagues du Maroc.
  • 2016 : Je prends ma première Vague lisse (SEULE)au Sri Lanka.
  • 2016 : Je teste les vagues méditerranéennes (qui a dit que c’était moins puissant en Méditerranée ?).
  • 2017 : Je tente de prendre une vague aux Canaries mais en vain parce qu’il y avait trop de vent. C’était affreux, je me suis ouvert le pied et j’avais juste envie de rentrer !

cloe

Il y a 2 ans, mes collègues de travail à l’école de surf de Lacanau m’ont donné ma “première mousse”. J’ai voulu négocier ma “Vague de bronze”, mais rien à faire, je n’arrive pas à prendre de vagues lisses seule sans qu’on me pousse.

Ils m’ont cataloguée de “surfeuse copine de moniteur”, c’est-à-dire : celle qui sait faire son take-off et prendre une direction, mais à condition d’être poussée par son mec dans l’eau (accessoirement moniteur de surf) sinon elle n’a pas assez de force dans la rame !

Presque 10 ans après ma première tentative, je suis responsable d’un magasin Billabong en Méditerranée, je vends de la wax et des combis et tout ce que j’ai réussi à obtenir du surf pour le moment, c’est mon moniteur et j’en suis déjà ravie !

Mon prochain trip : l’Equateur ! Et cette fois c’est décidé, je surfe avec d’autres nuls et qui aiment ça, j’ai même réservé un stage Surf Yoga.

Et hier, je me suis fait plaisir… Je me suis achetée ma première planche… en mousse ! Et même quand je ne serai pas motivée, elle sera parfaite en déco dans mon salon 😉

Pourquoi je persévère ? Parce que je ne lâcherai pas mon rêve de petite fille et qu’après une session on se sent tellement bien !

 

Céline / 44 ans / 4 ans de surf / Niveau : éternelle débutante

 

Je m’appelle Céline, j’ai 44 ans, je suis mariée et maman d’une ado de 15 ans.
Nous habitons sur la côte normande dans le Calvados. Je suis fille de windsurfeur et femme de surfeur,”paddleur” et windsurfeur. J’ai passé beaucoup de temps à regarder et attendre face à la mer…

Ma première fois, c’était il y a 4 ans, un été en Gironde. Nous avions inscrit notre fille à son premier cours de surf… Au dernier moment, j’ai demandé s’ils acceptaient les adultes… et voilà !
Le premier cours ? Une petite dizaine d’enfants de 7 à 12 ans et “la maman” comme ils m’ont tout de suite baptisée.
Il faut mettre de côté sa fierté pour traverser la plage avec sa planche en mousse sous le bras, son lycra de la couleur “débutants” et aller faire les exercices sur le sable…
Mais mon principal problème était ma peur de la vague… Je me savais mal à l’aise dans l’eau mais là, j’en ai pris la mesure…..

Heureusement, grâce à Alex, notre super prof, petit à petit j’ai pris confiance (toute relative la confiance) et je suis devenue une grande surfeuse de mousse !

Je surfe quand les températures le permettent avec mon équipement, c’est à dire en général de mai / juin à octobre / novembre, après j’ai trop froid.
L’été nous allons surfer en Gironde et parfois, en février, aux Antilles.

Mon niveau est et restera éternelle débutante 😉

Mes motivations : partager la passion avec mon mari et pour tout dire, l’ambiance avec la bande de copains surfeurs : nous sommes une dizaine entre 35 et 55 ans à nous retrouver régulièrement.

Pourquoi continuer ? Parce que se mettre debout, sentir la puissance de la vague qui vous porte, c’est juste merveilleux ! Et quand on a la chance d’enfin réussir à prendre une “vraie vague”, de celles qui vous procure une sensation de descente, d’accélération puis de glisse : un sourire idiot reste accroché aux lèvres jusqu’à la chute (inévitable dans mon cas) !

Voilà pourquoi je continue, parce que je sais que si je passe outre les préjugés sur mon âge, mon niveau, mon style, si je repousse encore un peu ma peur, j’aurai de nouveau droit à ce petit moment de grâce, aussi furtif fût-il. Et l’état de plénitude, ressenti en fin de session vaut tous les efforts et les courbatures du monde .

Mon mari est toujours là pour m’encourager mais notre fille n’accroche pas vraiment avec le surf, je pense pourtant qu’elle y reviendra plus tard car elle a une belle attitude et n’a absolument pas peur, elle !

Lucinda / 35 ans / 10 ans de surf / Niveau : éternelle débutante

Je m’appelle Lucinda j’ai 35 ans et j’ai une petite fille de 3 ans.
Aujourd’hui j’habite en Touraine mais ça n’a pas toujours été le cas.
À l’époque il y a environ 15 ans, j’habitais dans ma région natale le Nord-Pas-de-Calais. Pour gagner un peu d’argent l’été j’ai été serveuse sur l’île d’Oléron et c’est là que j’ai découvert le surf : les surfeuses autochtones venaient manger dans le restaurant où je travaillais et elles avaient l’air tellement cool tellement épanouies… Je voulais tant leur ressembler.

J’ai toujours été fasciné par l’océan (quand j’étais petite je m’imaginais sirène). Surfer était pour moi une façon d’être une sirène sur des jambes !
Début des choses sérieuses en 2008 : je pars seule faire un stage de 2 semaines à Hossegor. Je DOIS apprendre à surfer !!!
Il est 8h du mat, un groupe de débutants sur le sable en train de s’entraîner à faire des take-off et les locaux qui attendaient la vague.
J’étais super heureuse ! Et la c’est le drame…

lucinda
La première fois que je me mets à l’eau, ma planche me catapulte et c’est parti pour de longues secondes dans les rouleaux.
Ça a duré une heure et demi j’avais envie de pleurer..
Et puis j’y suis retournée tous les matins, mon corps était si douloureux de courbatures que j’ai voulu abandonner plusieurs fois.
Mais c’était trop tard j’étais déjà accro à l’odeur du néoprène de ma combi et de la wax !

En deux semaines j’avais dû tenir debout 2 secondes dans la mousse mais même allongée ou à genoux, j’avais déjà ressenti de super sensations. Je suis repartie d’Hossegor avec une superbe combinaison Rip Curl et une NSP, bien décidé à continuer sur les plages du Nord !
Les vagues du Nord ne sont pas idéales pour surfer mais je m’éclatais ! (Parfois même dans le sens propre du terme)…
Un an après, j’ai emmené mon nouveau chéri à Hossegor, ça été ma dernière fois…
J’ai déménagé à Tours (c’est pas le meilleur spot soyons honnêtes…) puis j’ai trouvé un travail prenant et j’ai eu ma fille.
Tout le monde voulait que je revende ma planche mais je n’ai jamais pu m’y résoudre…
L’année dernière nous sommes allés en Bretagne et l’envie m’a repris ! Éternelle débutante, j’ai roulé dans les vagues, bu la tasse, mais quel bonheur !!!

Dans 3 semaines, je pars à Oléron prendre des cours particuliers.
Pourquoi je continu ? J’en sais rien, c’est indépendant de ma volonté… C’est vrai, qui continuerait à se faire mal depuis tant d’années si ce n’est par passion. L’océan m’attire, je m’y sens libre, vivante.
Et même si je dois rester allongée ou à genoux sur ma planche, je suis une surfeuse !

 

Béatrice / 47 ans / 1 an de surf / Niveau : débutante

 

Je suis kiné et plutôt sportive. Je suis aussi la maman de 3 garçons de 10, 15 et 17 ans, et c’est par eux que le surf est arrivé dans la famille. Après avoir testé l’activité en Guadeloupe, je leur ai proposé de prendre quelques cours au retour en Métropole, à Montpellier. C’était l’hiver, il faisait froid et pourtant les garçons ont immédiatement accroché et ils m’ont demandé de les inscrire au club pour l’année. C’est pour ne pas perdre les quelques cours « à la carte » restants que je me suis jeté à l’eau.

La première vague a été une révélation : une sensation de plaisir et de joie qui m’a donné l’impression d’avoir 15 ans.

C’était il y a 1 an. Depuis, je suis devenue accro à la météo, je vais à l’eau même l’hiver et je pense sérieusement à m’acheter ma première board à « moi » – plutôt un longboard.

Je ne m’autorise pas à me revendiquer « surfeuse ». Mais si on considère que j’adore la proximité des éléments, qu’être dans l’eau m’est essentiel, que la simplicité me sied et que je pense au surf tous les jours… Je me dis qu’au fond de moi, je suis peut-être bien une surfeuse. Une surfeuse, débutante, mais une surfeuse quand même.

Et puis, au-delà du plaisir de la glisse, le surf est, et a été, salvateur pour mes fils et moi qui avons dû faire face à un gros coup dur cette année. Surfer a été notre thérapie. Surfer ensemble nous donne de la force pour avancer.

Et cet été, c’est surfcamp avec un objectif pour moi : prendre une direction dans la vague !

 

Nadia / 36 ans / 10 ans de surf / Niveau : éternelle débutante – intermédiaire

 

Je suis née en campagne bourguignonne, immigrée sudiste depuis bientôt 20 ans.

Initialement, mes home spots (ce qui en fait rire plus d’un) : le Grau du roi (d’où la surfeuse de Grau…) et Palavas. J’ai déménagé en Catalogne il y a un an et je surfe principalement à Canet en Roussillon au moins une fois par semaine autant que faire ce peut et toute l’année tant que l’eau ne descend pas en dessous de 10-11°c.

Mon niveau ? Éternelle débutant voir intermédiaire, ça dépend de l’humeur, l’état mental, la forme physique et surtout de la taille des vagues !

Ma première fois ? J’ai loué un longboard au Maroc à Essaouira et j’ai glissé majoritairement à plat ventre. La sensation m’a tout de suite saisie, comme un shoot de drogue j’imagine. Depuis c’est une sensation nécessaire à mon bien être (plus mental que physique je dois dire).

nadia

Le dépassement de soi, le partage de sensations et le lien social dans un club de surf… la glisse en surf est addictive et elle fait maintenant partie mon bien être.
C’est une activité qui me “nettoie” et dans laquelle je suis dans l’instant présent, comme une ataraxie, une parenthèse temporelle et sensorielle. C’est aussi le plaisir de l’attente de la vague que tu guettes au loin, dans la contemplation des couleurs d’un ciel qui se reflète dans l’eau, unique et incomparable.

Même si j’ai de nombreux verrous et peurs (encore plus en vieillissant), je surfe dès que j’en ai l’occasion et très souvent des “vagues” qui n’en sont pas pour la plupart des pratiquants. Je m’éclate sur 50cm et je m’en fous !

 

Quant à moi…

Si tout va bien, je serai la semaine prochaine dans Les Landes, fidèle à mon petit stage de surf estival.

Je remettrai cet affreux lycra rouge qui colle et je sais déjà que le prof, qui me connaît désormais, me dira : “Valérie, prends plutôt une planche en mousse pour retrouver tes sensations”… Et, bonne élève, je dirai “OK” ! En espérant avoir droit à une planche en dur avant la fin de la semaine…

Éternelle débutante, c’est mon karma 😉

 

 

 

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